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LES GENDARMES INVITENT LES CHEFS D’ENTREPRISE POUR PARLER DE SÉCURITÉ

Pour la première fois en Essonne, les gendarmes ont invité les chefs d’entreprise à une grande réunion autour de la sécurité. Au programme, des conseils pour éviter notamment d’être piégés par de faux documents des fraudeurs, ou de se mettre hors-la-loi.

L’amphithéâtre de la faculté des métiers d’Evry accueillait un public un peu plus âgé qu’à l’accoutumée, mais pas moins studieux. Ce mardi, durant toute la matinée, une cinquantaine de chefs d’entreprise du département ont assisté à une réunion organisée par la gendarmerie. « On veut les conseiller et les alerter sur les risques qu’ils peuvent rencontrer au quotidien, on n’est pas dans le haut du spectre sur l’espionnage », indique la colonelle Karine Lejeune, qui a mis en place cette grande première dans l’Essonne.

Deuxième objectif de cette « matinale », que chaque gérant identifie le référent sécurité de la brigade la plus proche de sa société. « Une prise de contact ultérieure leur permettra de bénéficier d’un diagnostic sur-mesure par rapport à leurs problématiques », reprend la commandante des 750 militaires répartis dans le département.

Des conseils anti-intrusion

Plusieurs intervenants se sont succédé, afin de distiller des conseils de protection. « Les risques d’intrusion peuvent être réduits avec un peu de bon sens, annonce le Lieutenant-Colonel Oheix. Hausser les grillages si un poste électrique ou un arbre permet de grimper sur la clôture. »

Ce spécialiste préconise aussi de faire porter aux visiteurs ou aux prestataires extérieurs un casque, un badge ou une veste pour le différencier des autres. Plusieurs star-up, mais aussi des entreprises du CAC-40 ont été victimes de « fraude au président », grâce à ces détails obtenus sur l’entreprise : un homme parvient à se faire passer pour un chef et à obtenir un virement d’argent important.

Attention à la fraude aux faux documents

Mais les risques existent aussi en matière numérique. Les gendarmes déconseillent de mettre en ligne l’organigramme complet de la société, ou d’avoir une signature de mail trop détaillée. « Et il convient de former les salariés, car la principale faiblesse est humaine, certains peuvent cliquer sur des mails dangereux qui peuvent introduire un logiciel ou un virus dans votre entreprise », souligne le Lieutenant-colonel. Au ministère des Finances, après une formation dédiée aux 150 000 fonctionnaires, un courriel « test » leur a été envoyé, indiquant qu’une place gratuite au cinéma était offerte par… Mary Poppins. 30 000 d’entre eux ont cliqué sur le lien.

Des explications sur les nouvelles lois portant sur la protection des données ont aussi permis aux chefs d’entreprise de cerner au mieux les méthodes pour rester dans la légalité. Rachida Belliard, correspondante dédiée à la défense, a alerté les gérants sur les impératifs liés aux ressources humaines. « C’est à vous de détecter les faux sur le CV, les notes de frais, ou les fraudes chez vos sous-traitants », appuie-t-elle en invitant chacun à bien rédiger son règlement intérieur.

La détection de faux documents a aussi été abordée, notamment pour des demandeurs d’emploi. Exemples à l’appui de récépissés, titres de séjour, plusieurs entrepreneurs se sont fait piéger. « N’hésitez pas à vérifier leur conformité avec nous, souligne l’adjudant Rivière. Vous n’êtes pas en mesure de détecter les faussaires. »

« JE SAURAI VÉRIFIER LES PAPIERS DES INTÉRIMAIRES »

L’entreprise d’Abdelmajid Hioui, chef de projet chez Unicom, compte une vingtaine de salariés. Basée à Evry-Courcouronnes, elle est spécialisée dans l’installation de câbles pour la téléphonie. Ce gérant a participé ce mardi à la première réunion sur les risques et la sécurité en entreprise en Essonne.

« J’étais curieux et j’en ressors avec beaucoup d’information, confie-t-il. Tous les sujets abordés nous concernent et étaient très imagés. Cela va nous permettre de les mettre en place dans notre société. Je saurai aussi comment vérifier les documents et les papiers d’intérimaires à l’avenir. S’il le faut je les enverrai aux gendarmes. On se doit d’être vigilants, car on n’a pas de service dédié dans une petite entreprise, du coup c’est le chef qui fait tout. Et j’ai parfois eu des doutes sur l’authenticité de certains… En cas de contrôle cela aurait pu me retomber dessus. » Avec le risque par exemple de se faire épingler pour travail illégal.

Source : Le Parisien par Florian Loisy

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