ESCROQUERIES AU “FAUX PRÉSIDENT”… LA PJ DE LILLE EXPLIQUE COMMENT S’EN PRÉMUNIR

Après l’escroquerie à 800 000 euros dont a été victime le département du Nord, la Police judiciaire a lancé une campagne de prévention.

Ce n’est pas vraiment leur mission, mais face à l’ampleur des sommes volées, il a fallu agir… et surtout prévenir: la brigade financière de la Police judiciaire de Lille met en garde les entreprises, quelle que soit leur taille, contre les escroqueries aux fausses factures et aux faux ordres de virement.

C’est ce dont a été victime le département du Nord au mois d’août : un escroc s’est fait passer, vrais documents et informations crédibles à l’appui, pour le comptable d’une société de BTP chargée du contournement nord de Valenciennes et a établi au fil des appels une relation de confiance avant de se faire payer une fausse facture de 800 000 euros. La supercherie n’a été révélée qu’en septembr,e lorsque la véritable entreprise de BTP a fourni la vraie facture.

Mais ces escroqueries peuvent aussi concerner des entreprises de toutes tailles. Selon la PJ, elles « ont généré un préjudice global d‘environ 300 millions d’euros pour les faits commis et 500 millions d’euros pour les faits tentés« , ces dernières années.

Souvent basés à l’étranger (en Israël dans le cas du département du Nord), les escrocs se renseignent d’abord par mail et par téléphone pour collecter le plus d’informations possibles sur l’entreprise, puis lancent l’opération sur les personnes capables d’opérer ces vrement en prétextant « une opération d’importance capitale et confidentielle, afin d’abuser l’interlocuteur et obtenir un ou plusieurs virements internationaux« .

Les policiers en distinguent plusieurs types :

  • Escroqueries au « faux président » : avec la complicité d’un prétendu cabinet d’avocats ou de notaire, l’escroc se fait passer pour un des dirigeants d’une société
  • L’escroquerie au « changement de RIB » : l’escroc prétend être un représentant du bailleur ou un de ses fournisseurs, indique un changement de coordonnées bancaires et demande à ce que le virement soit réalisé vers un autre pays, en prétextant une délocalisation à l’étranger.
  • L’escroquerie « au virement SEPA, à l’informatique » : l’escroc se fait passer pour un technicien et demande à ce qu’on lui confie l’identifiant et le mot de passe pour effectuer des virements tests. Il peut également envoyer un mail accompagné d’une pièce jointe dans laquelle se trouve un logiciel prenant le contrôle de l’ordinateur pour voler ces informations confidentielles.

Comment s’en prémunir ?

Plusieurs indices doivent vous mettre la puce à l’oreille. La demande est généralement urgente et confidentielle, et l’escroc se montre souvent très affable, utilise la flatterie ou la menace pour manipuler son interlocuteur. Il multiplie également les détails sur l’entreprise, son personnel et son environnement pour brouiller les pistes.

Pour ne pas faciliter le travail des escrocs, la PJ recommande :

  • De ne pas communiquer d’informations qui pourraient leur servir, telles que les noms des managers, des chefs de division, des personnes en charge du paiement des fournisseur,s mais aussi les techniques de règlement, la liste des fournisseurs, etc.
  • De sensibiliser le personnel susceptible d’être contacté, mais aussi les partenaire (banque, cabinet d’avocats, fournisseurs…
  • De se renseigner via la presse, la communication des pouvoirs publics ou les associations professionnelles sur l’évolution des pratiques d’escroquerie
  • De faire preuve de bon sens et de faire attention aux demandes inhabituelles ou illogiques, ainsi que de résister aux tentatives d’intimidation.
  • Si le mal a déjà été fait et si le virement est déjà exécuté, de faire un compte-rendu de l’événement à sa hiérarchie, demander à la banque le retour des fonds et déposer plainte en apportant un maximum d’éléments.

 

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